7 min de lecture
906 vues

Nature sauvage de la République dominicaine (Partie 1)

Nature sauvage de la République dominicaine (Partie 1) - Photo 1

Vous n’êtes pas venu en République dominicaine pour observer les oiseaux.

Pourtant, vous allez les remarquer quand même.

Un petit éclair vert émeraude posé sur une branche à hauteur des yeux, plus petit que votre poing, qui vous fixe comme si c’était lui le propriétaire de la forêt. Des colibris qui filent entre les fleurs si vite qu’on se demande s’ils existent vraiment. Des pélicans qui plongent en bombe dans les vagues depuis 10 mètres de haut.

La faune dominicaine ne se cache pas derrière des grilles de zoo. Elle est là, tout près – sur les branches basses, dans les jardins de montagne, en train de plonger dans l’océan.

Voici la Partie 1 : les oiseaux. Ceux que vous verrez vraiment pendant vos excursions, pas ceux qui demandent des jumelles et des randonnées à l’aube dans la jungle.


La Cigua Palmera – l’oiseau national

La Cigua Palmera

Palmchat en anglais. Ave Nacional depuis le 14 janvier 1987.

Ce qui la rend exceptionnelle : elle n’existe nulle part ailleurs sur Terre sauf sur Hispaniola.

Pas juste rare – endémique. La Cigua Palmera appartient à une famille d’oiseaux qui n’a évolué que sur cette île. Une seule espèce, une seule famille, un seul endroit. Quand vous en voyez une, vous regardez une évolution qui s’est faite ici et nulle part ailleurs.

endemic

À quoi elle ressemble : Petit oiseau de la taille d’un rouge-gorge, brun-olive avec la poitrine rayée, toujours en groupes bruyants.

Ce qu’elle fait : Elle mange des baies de palmier, disperse les graines, construit d’énormes nids collectifs dans les palmiers royaux – de véritables immeubles pour oiseaux. Chaque couple défend son coin. Les nids durent des années, parfois partagés avec d’autres espèces.

Où elle vit : Chaque nichée a 2-4 œufs. Ce sont des ingénieurs de l’écosystème déguisés en petits oiseaux bavards bruns.

Le téléphérique du mont Isabel de Torres traverse la forêt de palmiers – guettez leurs gros nids en brindilles en montant. Si vous préparez votre premier voyage en République dominicaine et que vous prenez le teleférico, ces nids bien visibles dans les palmiers, c’est du territoire Cigua Palmera.

La menace : On coupe les palmiers. Les grands arbres disparaissent. Les sites de nidification aussi. Elle reste courante, mais en net recul.

Quand vous croisez une Cigua Palmera, vous voyez la biodiversité dominicaine en plumes.


Le Todier à large bec – le petit phénomène

Broad-billed Tody

Le premier oiseau dont la plupart des gens tombent amoureux dans les forêts pluviales dominicaines.

Plus petit que votre poing. Corps vert émeraude. Caractère immense. Il se pose sur les branches basses comme s’il était chez lui – et d’une certaine façon, il l’est.

Le Todier à large bec (Todus subulatus) est endémique d’Hispaniola. Nulle part ailleurs sur la planète. Et contrairement aux oiseaux timides de la canopée, les todiers se posent à hauteur des yeux et vous observent en retour.

Ce qui les rend irrésistibles :

  • Taille : 10 cm. Pèse moins qu’une pile AA.
  • Couleurs : Dos vert vif, poitrine blanche avec flancs roses, gorge rouge.
  • Comportement : Reste immobile, puis explose en vol pour attraper un insecte en plein air.
  • Son : « toot-toot-toot » rapide, comme une mini mitraillette.

Où vous les verrez :
Sentiers des chutes de Damajagua. Branches basses près de la rivière. Ils ne se cachent pas – ils se montrent. Pendant l’excursion aux cascades, les guides savent précisément où ils traînent. Cherchez du mouvement entre la taille et la tête.

Pourquoi on ne les oublie jamais :
Ce vert est fluo. Comme si on avait peint l’oiseau avec un marqueur highlighter. Et ils n’ont peur de rien – ils se posent à 1 mètre des humains, tranquilles.

Quand vous verrez votre premier todier, vous sortirez votre téléphone. Tout le monde le fait. C’est plus fort que soi.


Colibris – plus rapides que vos yeux

Hummingbird

Mont Isabel de Torres, 800 mètres d’altitude. Vous montez pour la vue, la statue du Christ, les jardins botaniques.

Entre les fleurs ? Des colibris.

Trois espèces que vous risquez de croiser :

  • Colibri coruscans (Vervain Hummingbird) – deuxième plus petit oiseau du monde. Pèse moins qu’une pièce de 1 centime.
  • Colibri mango des Antilles – vert émeraude, bec courbé.
  • Émeraude d’Hispaniola – endémique, iridescent.

Astuce pour les repérer :
Ne fixez pas les fleurs. Regardez l’air entre elles. Les colibris ne se posent presque jamais – ils stationnent 3 secondes, boivent, disparaissent. Battements d’ailes : 50 à 80 par seconde. Ce bourdonnement, c’est eux.

Le timing compte :
Tôt le matin, avant que les nuages n’arrivent vers 10-11 h. Le jardin botanique du sommet est planté exprès pour eux – hibiscus, sauge tropicale, habitat sur mesure. C’est pour ça que le guide de voyage Puerto Plata insiste sur le départ matinal pour la montagne.

Vue + colibris = il faut se lever tôt.


Frégate superbe

Impossible à rater : Gros oiseau noir, ailes pliées en W, immobile au-dessus de l’océan.

Frigatebird

Les frégates ne se posent jamais sur l’eau – leurs plumes ne sont pas imperméables. Elles volent la nourriture en plein vol à d’autres oiseaux. De vrais pirates.

Les mâles gonflent leur poche gorge rouge comme un ballon pendant la parade nuptiale. Ça a l’air ridicule. Ça marche.

Plage de Cofresí. Sosúa. Pendant les sorties en bateau vers Isla Bonita, elles sont partout – portées par les courants d’air le long de la côte, presque sans battre des ailes.


Pélican brun

Regardez bien : Vole en formation rase sur les vagues. Repère un poisson. Monte à 10 mètres. Plonge en bombe dans l’eau. Ressort avec le poisson dans la poche.

Brown Pelican

Playa Dorada. Long Beach. Ils suivent les bateaux de pêche pour les restes.

Les balades matinales sur la plage = spectacle de pélicans en chasse. Le choc quand ils frappent l’eau est impressionnant. Pendant les balades à cheval au coucher du soleil, les pélicans qui plongent dans le ressac font partie du show doré.


Sterne royale

Royal Tern

Corps blanc, calotte noire, bec orange, cris permanents.

Ces cris sur la plage ? Ce sont les sternes royales qui se disputent un poisson. Malecón de Puerto Plata, zone du Fort San Felipe, n’importe quel ponton. Pas du tout timides.


Urubus à tête rouge

Turkey Vultures

Pourquoi ils tournent toujours : Ils profitent des thermiques – colonnes d’air chaud ascendant. Pas besoin de battre des ailes. Cercle, monte, scrute.

Ce qu’ils font : Nettoient. Charognes, carcasses, décomposition. Les écosystèmes ont besoin des urubus.

Pendant les aventures en buggy dans les montagnes, levez les yeux aux points de vue. Il y a toujours des urubus au-dessus, portés gratis. Ils ne tournent pas autour de vous, hein, lol.


Les saisons changent ce qui vole

L’hiver amène les migrateurs. Le printemps, la reproduction. La saison des pluies (mai-novembre) fait exploser les insectes, donc les insectivores dans les forêts.

Si la nature compte pour votre voyage, le choix de la période change ce qui passe au-dessus de votre tête.


Pourquoi ça compte

Puerto Plata, ce n’est pas que des bulles de resorts. C’est forêt tropicale, écosystèmes de montagne, habitats côtiers. Les oiseaux sont partout.

Ce petit todier vert qui vous observe depuis sa branche ? Il n’a évolué qu’ici. Les colibris qui bourdonnent dans les jardins de montagne ? Spécialistes des nuages. Les frégates qui planent au-dessus des bateaux ? Maîtres de l’océan qui ne touchent jamais l’eau.

Les oiseaux sauvages ne sont pas enfermés dans des réserves. Ils font partie de chaque sentier, plage et montagne que vous explorerez. Pas besoin de jumelles. Juste de faire attention.

Nos excursions à Puerto Plata passent là où vit la faune – cascades, montagnes, plages, forêts. Les oiseaux, c’est en bonus. 🦜

💬 Need help?